YANN CLERY « Motozot » – L’album

SORTIE LE 20.10.2017
WORLD / JAZZ / GUYANE

Yann Cléry redéfinit la musique guyanaise : il brasse les tambours de la tradition en les conjugant aux musiques
actuelles. En 10 morceaux, son album MOTOZOT propose un voyage émouvant, du jazz au ragga, du hip hop au rock. C’est
avec cet esprit d’ouverture, de recherche et de rébellion qu’il amène la flûte traversière sur des chemins inédits. Cet album est tourné vers les rythmes traditionnels des trois principales ethnies guyanaises : les Créoles, les Bushinengés (appelés aussi Noirs Marrons, descendants des esclaves africains) et les Amérindiens. Il se veut ouvert sur le monde, à l’image de son nom (Moi, Toi, Vous) et résonne comme un trait d’union, une invitation.

Le Boléro de Ravel est revisité, tout en modernité dans Boléròt (Ròt signifie haut en créole). L’artiste y fait le rapprochement entre un rythme traditionnel (le kanmougé) et celui de la célèbre pièce du maître, et renvoie à cette interrogation sur l’origine de ce rythme plusieurs fois centenaire sur le sol guyanais : qui a inspiré qui ? Le
texte engagé de Léon-Gontran Damas Foi de Marron sert de support au titre éponyme. Il nous renvoie au concept de la
Négritude traité via le prisme de la modernité, le regard résolument tourné vers l’avenir.

Léon-Gontran Damas est une figure de proue de la littérature guyanaise, il a d’ailleurs été co-fondateur du mouvement de la Négritude avec Aimé Césaire et Léopold Senghor dans les années 40. Dans le single Nèg Marron, c’est un autre poète, Elie Stephenson, qui est à l’honneur avec un texte sans ambigüité. Yann Cléry choisit le dancehall, style musical issu d’un reggae engagé, pour dérouler cet hymne aux descendants d’esclaves africains qui fuyaient les plantations hollandaises (Marron désigne le marronage, c’est à dire la fuite, au loin dans la forêt amazonienne guyanaise. Sur fond de Kasékò (rythme traditionnel), Nèg Marron (qui désigne la population bushinengé) nous plonge dans une Guyane urbaine et fière, moderne et résolument tournée vers l’avenir.

Grajé (racine) est une invitation au voyage sur les terres amazoniennes. Les interventions du DJ viennent taquiner la douceur et la transe de cette mélodie entêtante. Quant au morceau Ti moun Teko (les enfants de la tribu des Teko), il nous rappelle que les Amérindiens (peuple autochtone de Guyane dont Yann Cléry est en partie descendant) vivent des heures sombres, tiraillés entre modernité et traditions ancestrales.
Chaque année, au moins un jeune amérindien se suicide dans une communauté de 250 âmes. Les paroles de Mo lévé (je me lève) sont issues du folklore guyanais. C’est un hommage aux formes féminines que l’on peut regarder, mais pas toucher ! Léròl est le nom d’un rythme dont la base consiste à marquer tous les temps. Il se rapproche ainsi de la house music.

www.yannclery.com
facebook.com/yanncleryproject

TRACKLISTING
01- Mo Lévé
02- Léròl
03 – Boléròt
04 – Grajé
05 – Ti Moun Teko
06 – Foi de Marron
07 – Lò la pli ka tonbé
08 – Trêve
09 – Nèg Marron
10 – Gòb chi gòb
Composition : Yann Cléry
Paroles : Léon-Gontran Damas sur Foi de Marron
Elie Stephenson sur Nèg Marron
Franck Compper sur Foi de Marron
Enregistré au Studio MidiLive
Mixé par Timour Cardenas & Patrick Plisson
Masterisé par Patrick Plisson

No Comments

Leave a Reply